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 Brest - Histoire -
 

Un camp fortifié romain fut construit à la fin du IIIe siècle.

Une première forteresse fut bâtie par le comte Morvan pour se protéger des Normands qui ravageaient la région.

Brest devint vraiment un port militaire sous Richelieu.
En 1631, il créa le port et les arsenaux, sur les rives de la Penfeld.
La construction du port et des arsenaux nécessita une main-d'œuvre abondante qu'il fallut loger.
En 1683 Vauban fortifia la ville.
A la fin du règne de Louis XIV la ville est désormais constituée et compte environ 15 000 habitants.

Au XVIII s. l'ingénieur brestois Choquet de Lindu dirigea les travaux du port et, en 1750, bâtit le bagne de Brest qui ne sera désaffecté qu'au milieu du XIXe s.

Vidocq (1775-1857), fils d'un boulanger d'Arras, s'évadera deux fois du bagne.
On tirait un coup de canon lorsqu'un bagnard s'évadait pour avertir la population, car une récompense était offerte à ceux qui le capturaient.

L'expression "tonnerre de Brest" ne vient pas de ce coup de canon, mais de celui qui annonçait l'ouverture et la fermeture des portes de l'arsenal. Chaque jour à 6 heures et à 19 heures aux pieds du château tonnait le canon.

Après un siècle de marasme, le développement de Brest reprit sous le Second Empire.
En 1856, Napoléon III permit à la ville de jeter un pont sur la Penfeld. L'empereur et l'impératrice furent reçus magnifiquement quand ils séjournèrent à Brest du 9 au 12 août 1858.

En reconnaissance de cet accueil, Napoléon III fit agrandir l'arsenal, prolonger deux lignes de chemin de fer jusqu'à Brest, et créa le port de commerce.

Lors de la 2e guerre mondiale, Brest fut libérée en septembre 1944 par les 2e, 8e et 29e Division d'Infanterie américaine après un siège de 43 jours.

Il ne restait alors, plus rien du vieux Brest.(rapport Middleton)


Brest a été élevée au rang de ville par Henri IV en 1593.
Les quatre siècles d’histoire mouvementée qui ont suivi se lisent dans son évolution urbaine, militaire, économique, territoriale…

Quatre siècles qui ont, petit à petit, avec parfois des ruptures, modelé le visage d’une ville unique.

IIIème siècle : camp romain constituant la première citadelle de Brest.

1593 : Henri IV accorde le droit de bourgeoisie à Brest qui compte 1500 habitants.

1631 : Richelieu crée la Marine du Ponant et le Port en Penfeld. Naissance de l’arsenal, début du développement portuaire et militaire de Brest, qui conduira à la fortification du site.

1694 : premier plan d’aménagement de Brest par Vauban.

1746-1784 : grands travaux de l’ingénieur de la Marine, Choquet de Lindu qui marquera la ville.

1861-1889 : Le Port de Commerce quitte la Penfeld. Il devient, dans l’ancienne anse de Porstrein qui est comblée, le Port Napoléon.

1920-1929 : La ville étouffe dans ses fortifications et se développe hors de ses murs.
Le plan d’Aménagement, d’Embellissement et d’Extension de Brest étudié par l’architecte Georges Milineau tentera d’organiser ces évolutions.

1941 : premiers bombardements de la ville.

1943 : premières études d’un plan de reconstruction menées par Jean-Baptiste Mathon.

18 septembre 1944 : libération de la ville au terme d’un siège qui laissera la ville en ruines.

1945 : création du grand Brest par agrégation des communes voisines : Lambézellec, St Pierre- Quilbignon et St Marc.

1946-1961 : reconstruction de la ville.

1960 : création du Collège Scientifique, future Université de Bretagne Occidentale. Aujourd’hui, Brest accueille 25 000 étudiants.

1974 : création de la Communauté Urbaine de Brest qui regroupe 8 communes.

L’agglomération brestoise compte aujourd’hui 220 000 habitants.


La Place de la Liberté

1655 : première enceinte édifiée par Ozanne. Brest compte 2000 habitants. Le site de l’actuelle Place de la Liberté appartient alors à la paroisse de Lambézellec.

1685 : nouvelles fortifications de Vauban : 6,5 km de remparts, 180 hectares enclos. Un vestige de ces fortifications a été mis à nu en 1995 à l’occasion des travaux d’aménagement de la place, dans le passage souterrain, sous l’avenue Clémenceau.

1845 : Brest s’agrandit de 172 ha, au-delà de ses remparts par annexion d’un faubourg de Lambézellec. Le quartier qui sera alors créé et aménagé fût longtemps désigné sous le nom de « l’Annexion ».

1889 : démolition des avancées de protection de la porte St Louis.

1902 : aménagement de la Porte de Landerneau. Brest intra-muros compte 25 000 habitants pour une population totale, en intégrant les 3 communes de Lambézellec, St Pierre-Quilbignon et St Marc, de 118 000 habitants.

1920 : déclassement des remparts qui pour autant ne pourront pas être démolis.

1945 : après les destructions de la guerre, une ville provisoire se met en place. Une cité commerciale de 80 emplacements est édifiée sur la place de la Liberté tandis qu’une cité administrative s’installe place Fautras. Les Brestois intègrent petit à petit les « baraques », dans les 25 cités provisoires que comptait la ville.

1961 : inauguration de l’actuelle Mairie de Brest, Place de la Liberté.
La reconstruction brestoise est achevée.

1994 : Brest se transforme : construction de la faculté des Lettres Victor Segalen par Maximiliano Fuksas et aménagement de la Place de la Liberté par Bernard Huet.



Le Port de Commerce

1861 : mise en chantier du Port de Commerce, aux pieds des fortifications, par comblement de l’Anse de Porstrein. Les 79 ha de quais et de bassins seront achevés en 1889.

1867 : accostage du « Great Eastern », le plus grand navire de l’époque, qui devait illustrer les ambitions du grand port transatlantique de Brest.

1913 : construction du premier bassin de réparation dit forme de radoub.

1917 : le « Léviathan », le « Georges Washington »…les plus grands navires de l’époque mouillent en rade. Des milliers de soldats alliés sont arrivés à Brest qui, à nouveau, peut rêver à un destin transatlantique.

1968 : construction de la deuxième forme de radoub, longue de 338 m.

1980 : construction de la troisième forme de radoub. De 420 m de long, 80 m de large et 20 mètres de profondeur, elle est la plus grande du monde et peut accueillir des plate-formes pétrolières de forage et les plus gros bâtiments existant actuellement.


Le Cours Dajot
1769 : début de réalisation du Cours Dajot, du nom du directeur des fortifications de Brest.

Les plus fameuses expéditions partent de Brest : Bougainville en 1766, Kerguélen en 1773, La Pérouse et Fleuriot de Langle en 1785, Dumont d’Urville en 1825, Cécille en 1846, d’Entrecasteaux en 1785…

1778-1783 : Guerre d’Indépendance Américaine. C’est de Brest que partiront De Grasse, d’Estaing, Lamotte-Piquet, Guichen d’Orvilliers et bien d’autres dont les opérations décisives contribuèrent en 1783 à la reconnaissance officielle des Etats Unis d’Amérique.

1927 : élévation par l’Américain Battle Monuments de la « Tour Rose » commémorant l’accueil des brestois réservé aux Américains durant la Grande Guerre. Elle sera détruite par les bombardements en 1941, puis reconstruite en 1958.

La Rue de Siam

1686 : trois ambassadeurs du Siam dépêchés par le roi Phra Naraï auprès de Louis XIV débarquèrent à Brest.
La rue principale de la ville, par son nom, en témoigne encore aujourd’hui.

1700 : Brest intra-muros compte 2000 habitants.

1945-1960 : 15 années seront nécessaires pour relever la ville quasi intégralement détruite au terme de la guerre.

1995 : Rive Gauche, le quartier autrefois intra-muros situé de part et d’autre de la rue de Siam compte aujourd’hui 9000 habitants.

Le Bas de Siam

XIVème siècle : construction de la Tour Tanguy, ancienne bastille des Seigneurs de Quilbignon.

1464 : début de la construction du Château, tel qu’il se présente aujourd’hui par Jean V de Bretagne, grand-père de la Duchesse Anne.

1681 : union de Brest et du Bourg de Recouvrance par lettre de Louis XIV. La communication entre les deux rives ne s’en fera pas moins par bacs et bateaux jusqu’en 1861.

1856 : mise en chantier d’un pont métallique tournant sur la Penfeld.

1954 : construction du pont levant et descendant (le tablier pouvant être totalement démonté et transporté sur des barges, sur la rivière) de Recouvrance, imaginé par l’ingénieur Maurice Piquemal et dessiné par l’architecte Maurice Guérin.

La Penfeld

De 1666 à 1676 : Colbert fait aménager les quais.

1683 : Vauban fait creuser le bassin de Troulan, en Penfeld.

1750 : Choquet de Lindu édifie le bagne qui sera donné en exemple dans la Grande Encyclopédie.

1746 à 1784 : les quais et le vallon de la Penfeld reçoivent de formidables bâtiments, parmi les plus prestigieux de l’époque.

1865 : séparation des ports militaires et de commerce. Le premier demeure en Penfeld et le second se développe sur la rive gauche, au pied des remparts et de la falaise de Porstrein.


Vauban

En 1694, après l’achèvement de l’enceinte qu’il a conçue pour Brest, Vauban trace un plan idéal qui fera autorité pendant un siècle.

Sans toutefois redresser les îlots existants, il quadrille les espaces vierges de l’intra-muros selon un axe Nord-Ouest / Sud-Est reliant le noyau urbain d’origine à la porte de Landerneau, axe recoupé par des rues parallèles aux fortifications.

Il détermine des îlots géométriques qui seront d’une grande stabilité dans le temps.
C’est ainsi que Georges Milineau puis Jean-Baptiste Mathon, pour les Plans d’Aménagement (1920) et de Reconstruction (1943) de Brest s’appuyèrent chacun sur ce plan en damier du 17ème siècle.

Choquet de Lindu (1712-1790)
Sous la direction de Choquet de Lindu à partir de 1734, l’arsenal est habillé d’imposants édifices qui donneront pour longtemps un majestueux visage aux deux rives de la Penfeld : le corps de garde de la Pointe, les trois formes de Pontaniou (1742 à 1757), les forges des armes et constructions navales, les magasins, les corderies, les ateliers, le bagne…

Un moment arrêtés pendant la guerre de sept ans, les travaux sont très activement repris dès la signature de la paix.

En 1790, l’arsenal est devenu un grand ensemble industriel où sont rassemblées, sur les deux rives de la Penfeld, toutes les installations nécessaires à la construction, à l’armement et à l’entretien des navires et où travaillent 10 000 ouvriers aux multiples métiers.

Jean Baptiste Mathon (1893-1971)

Il engagea ses études d’architectes à Lyon.

Devenu élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, il obtint le 1er grand prix de Rome d’Architecture en 1923.

Architecte en chef des bâtiments civils et palais nationaux, il eut en outre un exercice privé qui le vit réaliser la nouvelle salle Pleyel d’Aubertin et de Granet, l’Ecole spéciale des Travaux Publics, le Palais de la Radio à l’exposition de 1937, ainsi que de remarquables bâtiments publics à Cachan.

Il fut également professeur à l’Ecole spéciale du bâtiment et des travaux publics et titulaire d’un atelier à l’Ecole supérieure des Beaux-Arts.

A Brest, il élabora le plan de Reconstruction, secondé par Maurice Piquenal, inspecteur général des Ponts et Chaussées (1902-1995).

Mathon édifia aussi la cité scolaire de Kérichen, le centre culturel (Bibliothèque, Auditorium, Ecole des Beaux-Arts, Ecole de Musique), les bâtiments administratifs des Douanes au port de commerce.

Situé dans le square qui porte son nom, le monument aux morts qui achève la perspective de la rue de Siam est également son œuvre.

Du Pont Tournant au Pont Levant

Dans son plan d’aménagement de Brest, Mathon prévoit la réalisation de deux ponts principaux afin de faciliter les relations entre les deux rives de la Penfeld : l’un mobile (l’actuel pont levant de Recouvrance), l’autre fixe (l’actuel Pont de l’Harteloire).

A l’emplacement de l’actuel pont de l’Harteloire existait un pont transbordeur de 200 m de long et 40 m de haut. Endommagé en 1944, il fut démonté en 1947.

Au niveau de Recouvrance, le pont levant a succédé à un pont tournant métallique et à deux volées, inauguré en 1861, et sous lequel avait été réalisé en 1856 le célèbre petit pont Gueydon (cher au légendaire Jean Quéméneur), du nom du Vice-Amiral qui en commanda la réalisation.

Chaque volée de fer prenait appui sur une pile de maçonnerie et tournait sur une voie de galets coniques : quatre hommes suffisaient à la manœuvre.

Le pont fut détruit lors des bombardements et des combats de Libération.

Plusieurs projets furent proposés pour le remplacer et un pont levant fut finalement adopté.
L’ouvrage comporte une travée métallique levante et descendante (jusqu’au niveau de la rivière), équilibrée par quatre contrepoids en béton, situés dans quatre tours de béton armé. Chaque tour mesure 61 m. Le pont fut inauguré en 1954.

Les années 30 à Brest

Les témoins de l’architecture moderne de l’entre-deux guerre sont rares mais d’une grande qualité.

L’hôpital Augustin Morvan (proche de la place de la Liberté) réalisé par les architectes Raymond Lopez et Raymond Gravereaux en 1936, et la gare conçue par Urbain Cassan sont les deux plus remarquables représentants de cette époque.

Quelques immeubles privés sont à l’unisson dont notamment les immeubles d’Aimé Freyssinet 24 boulevard Gambetta et 27 rue d’Aiguillon.

Brest reconstruite : les années 50

De nombreuses villes françaises ont été, à plus ou moins grande échelle, reconstruites après la seconde guerre mondiale.

Pour autant, chacune l’a été de façon originale, et toutes sont aujourd’hui différentes, qu’il s’agisse de reconstructions historiques, presqu’à l’identique comme St Malo, d’œuvres délibérément " modernes " à l’instar du Havre, ou encore de " modernisations raisonnables " comme Caen, St Lo, Beauvais, Dunkerque ou Maubeuge.

Brest tient dans le concert des villes reconstruites une place originale.

Empruntée au plan de 1929 de Georges Milineau et, par lui, à celui de Vauban, la composition urbaine de Jean-Baptiste Mathon, chargé de la reconstruction brestoise, est, de ce fait, héritière du passé, tout en intégrant des caractéristiques des doctrines du mouvement moderne des années 50.

Son architecture comporte, de la même façon, les grandes caractéristiques du style néo-classique, tout en tenant compte de courants architecturaux divers incluant certains aspects du mouvement moderne et même parfois, du mouvement régionaliste.

De la Grand Rue à la Rue Pasteur

Avant la destruction de la ville, la " grand Rue " descendait lentement vers la Penfeld, jusqu’à la Porte Tourville et les quais où s’imposaient les sévères bâtiments de Choquet de Lindu.

Lors de la reconstruction, le site sera remanié, les vallons seront comblés, juchant la ville sur un plateau, quelquefois trente mètres au-dessus du site initial.

Le haut mur situé au fond du bassin Tourville témoigne de ce remaniement et de la rupture entre la ville et la rivière Penfeld qui l’avait engendrée.

Brest donne le ton

La coloration des façades du quartier Siam fait partie d’un projet global concernant l’agglomération brestoise, initié par la Communauté Urbaine de Brest et élaboré par deux architectes : Christian Hamard et Olivier Fetter.

La coloration du quartier Siam joue sur la complémentarité :

aux couleurs vives des commerces situés en rez-de-chaussée des immeubles, est associée la sobriété des façades aux teintes légères des niveaux résidentiels. Chaque immeuble voit ses spécificités architecturales –volume, verticalité, matériaux– soulignées par des nuances différentes.